En janvier 2026, Vinted a officiellement lancé son expansion aux États-Unis en débutant par New York (source : Vinted, janvier 2026). Après avoir conquis 24 marchés européens et atteint 1,1 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2025, la marketplace lituanienne s’attaque au plus gros marché de revente au monde. Pour les vendeurs français, cette internationalisation ouvre des opportunités — et pose de nouvelles questions.
Pourquoi les États-Unis, pourquoi maintenant
Le marché américain de la revente de mode est estimé à 40 milliards de dollars d’ici 2029, selon les projections du secteur. Vinted a repéré un signal fort : selon une étude Vinted/GWI de janvier 2026, 50 % des Américains portent la moitié ou moins de leur garde-robe, et 42 % ignorent la valeur de revente de leurs vêtements.
New York a été choisie comme tête de pont pour une raison précise : 56 % des New-Yorkais déclarent manquer d’espace de rangement, un terreau idéal pour la revente. L’entreprise a investi des dizaines de millions de dollars dans cette première phase.
Les chiffres du lancement
Les résultats des quatre premiers mois dépassent les attentes. Entre janvier et avril 2026, Vinted a enregistré 2,6 millions de téléchargements aux États-Unis, soit une hausse de près de 800 % par rapport à la même période l’année précédente. En avril 2026, Vinted a atteint 1,2 million de téléchargements mensuels, dépassant pour la première fois Depop (1,1 million) sur le sol américain.
Ces chiffres placent Vinted dans la course face aux acteurs établis : Poshmark, ThredUp, Depop et Mercari. La différence reste le modèle économique.
Zéro frais vendeur : l’arme européenne aux États-Unis
Là où Poshmark prélève 20 % de commission sur les ventes supérieures à 15 dollars et où Depop facture des frais de transaction, Vinted maintient sa promesse : zéro frais pour le vendeur. Le vendeur perçoit 100 % du prix affiché. L’acheteur paie la Protection acheteur, comme en Europe.
Ce modèle, qui a déjà fait de Vinted le leader européen avec plus de 90 % de parts de marché sur la revente mode en ligne selon l’ADEME, pourrait bousculer le marché américain. Les vendeurs américains habitués à reverser 15 à 20 % de commission découvrent une alternative.
Ce que ça change pour les vendeurs français
Le cross-border Europe → États-Unis
Depuis fin 2025, un pilote permet aux vendeurs européens d’expédier vers les acheteurs situés à New York, New Jersey et Connecticut. Les contraintes actuelles : articles de moins de 2 kg et de valeur modérée. Vinted prévoit d’étendre progressivement la couverture géographique.
Pour un vendeur français, cela signifie un bassin d’acheteurs potentiels qui passe de 25 millions en France à plusieurs centaines de millions à terme. Les catégories les plus demandées par les acheteurs américains incluent le streetwear vintage européen (Nike, The North Face, Carhartt, Stüssy) et les marques premium françaises.
Un effet prix sur certaines catégories
L’arrivée de la demande américaine peut créer une pression haussière sur les catégories prisées outre-Atlantique. Les sneakers d’occasion, les vestes vintage et le denim premium pourraient voir leurs prix augmenter si les acheteurs américains enchérissent via la plateforme.
À l’inverse, la concurrence accrue entre vendeurs mondiaux pourrait presser les marges sur les articles de grande série.
Logistique : les défis de l’Atlantique
Expédier un colis vers les États-Unis depuis la France coûte nettement plus cher qu’un envoi national. Les délais sont aussi plus longs. Tant que Vinted Go n’est pas déployé aux États-Unis, les vendeurs français doivent composer avec des frais de port qui peuvent dissuader les acheteurs américains sur les articles à faible valeur.
La stratégie gagnante pour le cross-border sera de se concentrer sur les articles à forte marge : pièces vintage recherchées, marques européennes difficiles à trouver aux États-Unis, accessoires de luxe abordable.
Le contexte financier : Vinted plus solide que jamais
L’expansion américaine s’appuie sur une santé financière inédite. En 2025, Vinted a réalisé un GMV de 10,8 milliards d’euros (+47 % sur un an), un chiffre d’affaires de 1,1 milliard d’euros et un bénéfice net de 62 millions d’euros (source : Vinted, résultats 2025). La marketplace a aussi bouclé une transaction secondaire valorisant l’entreprise à 8 milliards d’euros.
Ces résultats donnent à Vinted les moyens d’investir massivement aux États-Unis sans mettre en danger sa rentabilité européenne.
Les risques à surveiller
Trois risques méritent l’attention des vendeurs français :
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Dilution de l’algorithme : plus de vendeurs mondiaux signifie plus de concurrence dans les résultats de recherche. Les techniques de visibilité sur Vinted deviennent encore plus importantes.
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Fraude et litiges internationaux : les arnaques cross-border sont plus complexes à résoudre. La Protection acheteur devra s’adapter aux réalités du droit américain.
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Change euro/dollar : les prix affichés en dollars fluctuent avec le taux de change. Un euro fort rend les articles européens plus chers pour les Américains.
Que faire concrètement en tant que vendeur français
Si vous vendez déjà sur Vinted, voici trois actions pour profiter de l’expansion :
- Activez la livraison internationale dans vos paramètres si ce n’est pas déjà fait.
- Rédigez vos titres et descriptions en bilingue (français + anglais) pour apparaître dans les recherches des acheteurs américains.
- Ciblez les catégories demandées aux États-Unis : streetwear vintage, denim premium, marques européennes haut de gamme, accessoires de luxe accessible.
L’expansion de Vinted aux États-Unis marque une nouvelle ère pour la seconde main. Les vendeurs français qui s’adaptent tôt au cross-border seront les mieux positionnés.
FAQ
Peut-on vendre depuis la France à des acheteurs américains sur Vinted ?
Oui. Depuis le pilote de fin 2025, les vendeurs européens peuvent expédier vers les États-Unis via Vinted. Les transactions sont pour l’instant limitées à certains États (New York, New Jersey, Connecticut) et à des colis de moins de 2 kg.
Vinted applique-t-il des frais de vente aux États-Unis ?
Non. Vinted conserve son modèle zéro frais vendeur aux États-Unis, comme en Europe. La monétisation repose sur la Protection acheteur, les boosts de visibilité et Vinted Go.
Quels concurrents Vinted affronte-t-il aux États-Unis ?
Poshmark, ThredUp, Depop et Mercari dominent le marché américain de la revente. En avril 2026, Vinted a dépassé Depop en téléchargements mensuels aux États-Unis avec 1,2 million contre 1,1 million.
L’expansion américaine va-t-elle affecter les prix en France ?
À court terme, l’impact est limité. Mais l’ouverture d’un marché de 330 millions de consommateurs peut augmenter la demande sur certaines catégories prisées aux États-Unis (vintage streetwear, marques européennes), ce qui pourrait faire monter les prix de ces articles en France.